IV. La diffusion de La Bible

B. Diffusion de La Bible en France


1. Repères historiques

  • Du 3ème au 10ème siècle

Comme partout ailleurs, La Bible pénétra en Gaule. C’est à partir du 3ème siècle que les écrits sacrés s’installent, d’abord au travers des traductions gauloises puis latines. Les premières traductions furent en langues populaires (ou vulgaires) et répondirent au besoin de faire grandir en Gaule la foi naissante en Jésus.

  • Au 4ème siècle,

apparurent en grand nombre, les « versions gauloises » très approximatives de La Bible. Les traducteurs sont encore peu instruits. Ces traductions latines insuffisantes sont en grande majorité issues bien évidemment de la Vulgate. Cette traduction officielle garda son autorité pendant 6 siècles et empêcha l’arrivée de toute autre traduction gauloise officielle. Cela se comprend aisément puisque les érudits et enseignants connaissent parfaitement le latin.

  • Au 8ème siècle,

Charlemagne fit de la Vulgate, la version officielle de l’Eglise après avoir ordonné la mise à jour du texte en raison de l’évolution du langage. Cet important travail a été confié au s Alcuin, chef de l’école de la cathédrale d’York, invité à s’installer en 781 à Aix-La-Chapelle. Et de 796 à 801, dans la ville de Saint Martin de Tours, il remania le texte de la Vulgate.

  • Du 11ème au 15ème siècle,

Dès le 12ème siècle, les Ménestrels chantèrent La Bible, le théâtre fut très religieux et présenta de nombreuses pièces bibliques…
Ce 12ème siècle voit apparaître l’intention de reprendre les travaux de traductions en langue vulgaire :
• En 1135, La Bible en vers de Herman de Valenciennes.
• En 1150, l’Apocalypse.
• En 1170, les livres de Samuel, des Rois et les Juges.
• En 1192, la Genèse en rimes, par le Champenois Everat sur la demande de Champagne, sœur de Philippe Auguste.
• A la fin du 12ème siècle, le célèbre fondateur des « Pauvres de Lyon », Pierre Valdo fit traduire des livres de l’Ancien et du Nouveau Testament en provençal.
• Vers 1226, pendant le règne du bon roi Saint Louis, parut la première traduction proprement dite de La Bible en français. Elle fut appelée « La Bible de l’université de Paris ». Les traducteurs sont anonymes. C’est dans cette traduction qu’apparurent pour la première fois les divisions en chapitres, qui seraient l’œuvre d’Etienne Langton de Contorbéry, mort en 1228. Il fut chanoine de Notre-Dame.
• En 1291, apparut le texte des récits bibliques, ouvrage de Nicola de Hanapes, patriarche de Jérusalem, qui fut très populaire. Ce texte fut plus tard imprimé sous le titre : « La Bible des pauvres ».
• Vers 1226, les travaux du dominicain Hugues de Saint Cher et du franciscain R. Bacon, donnèrent naissance à de nombreux commentaires bibliques.
• C’est en ce 13ème siècle que parut la première concordance biblique.

Bible latine de Gutenbrg
Bible à 42 lignes
Couverture de La Bible latine de Gutenberg
Bible latine de Gutenberg (42 lignes) exposée à la bibliothèque du Vatican

  • Vers le milieu du 15ème siècle

Le premier livre imprimé fut La Bible. GUTENBERG inventa l’imprimerie dans ses ateliers de Mayance, et c’est en 1456 qu’il imprima la première bible latine, bible dite bible à 42 lignes.
Elle se composait de 2 colonnes de 648 et 634 pages.

Il utilisa 46 000 lettres de plomb.
Il fallait 12 heures pour composer une page.
Chaque page avait 42 lignes.
Il fallait une heure pour tirer 10 exemplaires.
Elle fut imprimée en 150 exemplaires dont 48 exemplaires subsistent aujourd’hui.

  • 16ème siècle

Vint alors un nommé Lefèvre d’Etaples. Né en 1435, il était philosophe, mathématicien et très versé dans les langues anciennes et fut professeur au collège du cardinal Lemoine à Paris.
• De 1507 à 1523, il fit paraître plusieurs ouvrages sur des livres de La Bible. Il publia également une traduction latine des épîtres de Paul avec commentaires.
• En 1530, La Bible de Lefèvre d’Etaples était imprimée en entier.
• Elle fut suivie d’une version corrigée et commentée par lui-même en 1534.
• Une 4ème édition parut en 1541 après sa mort.
• En 1546, sur la demande de Philippe II roi d’Espagne et de son général le Duc d’Albe, La Bible de Lefèvre d’Etaples fut classée dans la série des livres interdits par le concile de Trente, et la plupart des exemplaires de cette Bible furent détruits. Ceux qui restèrent furent considérés par des théologiens catholiques qui la révisèrent. Cette version fut essentiellement populaire.

Bible de Lefèvre d’Etaples.
2ème édition 1534
Bibles brûlées

• Dans les mêmes années, Robert Olivétan, (« jeune homme très instruit et profondément humble » qui amena son cousin Jean Calvin à la conversion), traduisit toute La Bible en français à Neuchâtel en Suisse, pour son édification personnelle.

La Bible française d’Olivétan
Exemplaire de La Bible d’Olivétan corrigé par Jean Ostervald

  • En 1742,

Jean Ostervald révisa le texte d’Olivétan et en 1744 apparaît cette version.

  • La moitié du 19ème siècle

voit paraître de nouvelles traductions françaises, telles que les versions Darby ou Segond qui bénéficieront des progrès de la critique textuelle, permis par la découverte de nouveaux manuscrits.

Page d’en-tête de La Bible d’Ostervald. 1ère édition

2. Quelques versions connues

1667, le Nouveau Testament dit de R. Port Royal, traduit par Sacy et en 1696, la première édition de La Bible de Port-Royal est publiée en France.
Cette version fut révisée par une nommée Mme Guyon et éditée avec des commentaires en 20 volumes et rééditée en 1790.
• 1874 : l’Ancien Testament fut traduit par Louis Segond, et en 1880, le Nouveau Testament par le même auteur.
• 1885 : La Bible entière fut traduite par J.N. Darby.
• 1884 : le Nouveau Testament, 1904 : l’Ancien Testament par le chanoine Crampon. Elle fut la première Bible française de l’Eglise romaine traduite à partir des textes originaux. Elle fut révisée en 1952.
• 1889 : traduction de l’Ancien Testament sous le titre de La Bible annotée par une société de théologiens et de pasteurs sous la direction de F. Godet, à Neuchâtel, qui fit lui-même des traductions partielles du Nouveau Testament avec commentaires.
• 1905 : La Bible hébraïque du Rabbinat français sous la direction de Zadoc Kahn.
• 1928 : La Bible du Centenaire.
• 1955 : La Bible du Cardinal Lienart.
• 1955 : La Bible de Jérusalem.
• 1956 : La Bible de la Pléiade.
• 1965 : la traduction des moines de Maredsous.
• 1972 : le Nouveau Testament œcuménique TOB.
• 1976 : l’Ancien Testament TOB.
• 1973 : La Bible du chanoine E. Osty.
• 1974 : La Bible du philosophe A. Chouraqui.
• 1978 : La Bible à la Colombe.
• 1982 : La Bible en français courant.
• 1993 : La Bible du semeur, d’A. Kuen.
• …

Nouveau Testament de Port Royal, 1667
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